lundi 12 janvier 2015

Valérie Tong Cuong - Pardonnable, impardonnable

Éditeur : JC Lattes - Date de parution : Janvier 2015 - 337 pages ...

Un après-midi d'été ensoleillé, Milo 12 ans doit réviser ses cours sous la surveillance de sa tante Marguerite. Mais elle lui propose une course de vélos. Milo chute et est grièvement blessé.

Ses parents Céleste et Lino étaient absents. Officiellement, ils choisissaient du carrelage pour la piscine,  accompagnés de Jeanne la mère de Céleste et de Marguerite. Après avoir été placé dans un coma artificiel, Milo se réveille mais les séquelles sont nombreuses. Marguerite qui jusque là avait fait passer cette promenade comme une demande de Milo voit son mensonge exploser. Ca ne sera pas le dernier.
Jeanne qui voue un amour maternel exclusif à Céleste ne cherche pas défendre sa cadette. Autoritaire, elle toujours voulu régner sur la vie de Céleste. Lino n'a jamais été pour elle le gendre idéal et Jeanne aime encore le lui rappeler. Lino issu d'un milieu modeste veut que son fils réussisse et soit toujours le premier. Céleste n'a jamais oublié ce que c'est de perdre un enfant.
Des non-dits révélés, des mensonges éclairées par la vérité et la rage, la colère, les déceptions apparaissent alors que Milo lui a besoin de ressentir l'amour des siens. D'un vrai soutien et non de tensions pour pouvoir progresser. Mais comment être soudés quand tout semble désormais les éloigner? Milo est la bouée à laquelle ils se raccrochent.

Durant les cent premières premières pages, j'ai vibré à 200%. La douleur exprimée, vécue par chacun d'entre eux m'a serrée la gorge. Dans ce roman choral, Valérie Tong Cuong nous plonge efficacement dans les émotions et les questions de chacun. Et ça fait fait mal, très mal. Mais hélas, petit à petit, je me suis détachée. Je n'ai plus cru à cette famille ni à son histoire passée et à venir. Trop de peines, trop de mensonges et trop de retournements (dont j'ai deviné certains assez facilement). Dommage...

Les billets de Leiloona, Micmelo et de Séverine qui ont aimé. Jostein est plus réservée

Lu de cette auteure : L'atelier des miracles

samedi 10 janvier 2015

Nicolas Delesalle - Un parfum d'herbe coupée

Éditeur : Préludes- Date de parution : Janvier 2015 - 285 pages agréables...

Le narrateur replonge dans ses souvenirs d'enfance puis  d'adolescence et ce sont autant d'anecdotes qui nous sont racontées.

Le livre s'ouvre sur le décès de sa grand-mère alors que son grand-père est atteint d'Alzheimer. Nous sommes dans les années 80 et on revit cette époque. Canal + et son film mensuel crypté, la découverte pour le narrateur de Boris Vian, les vacances, le premier baiser mais aussi les émissions de Michel Drucker (!). Une enfance heureuse et donc des souvenirs tendres teintés de nostalgie mais aussi d'humour. Et là où on pourrait commencer à se dire que tout cela bien gentil, Nicolas Delesalle nous fait passer un moment agréable et nous évite les pièges de l'ennui et celui de la mièvrerie.

Une écriture agile, une lecture réconfortante qui m'a fait souvent sourire...
Et même si au final ce n'est pas une lecture impérissable, il s'agit de ce dont j'avais besoin en ce moment.

Soit j'étais très con, soit j'étais un génie et les autres des imbéciles. La statistique la plus élémentaire m'isolait dans la bêtise.

Le billet  de keisha qui en parle aujourd'hui également

mercredi 7 janvier 2015

William Giraldi - Aucun homme ni dieu

Éditeur : Autrement - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mathilde Bach - Date de parution : Janvier 2015 - 309 pages dont on ne sort pas indemne !

Dans un petit village reculé de l'Alaska alors que l'hiver est particulièrement rude, les loups s'en sont pris à trois enfants. Ils ont quitté leur territoire pour s'aventurer sur celui des homme. Medora Slone mère de la troisième victime, le petit Bailey, écrit à Russell Core un écrivain qui a observé ces bêtes. Elle lui demande de l'aide. Retrouver ce qui reste de son enfant pour elle et pour son mari qui participe à une guerre loin de son pays et où la neige est remplacée par du sable. Russell Core accepte.

Il y a ce froid terrible que Russell Core n'imaginait pas tout comme le silence des habitants. Un village soudé où les légendes, les mythes remplacent la loi des hommes. A travers ces paysages immaculés, Russell Core cherche durant une journée la trace de la meute. Quand il revient chez Medora Slone, celle-ci a disparu et il fait une découverte terrifiante. Abasourdi, il cherche à comprendre. Pendant ce temps, Vernon Slore blessé doit revenir chez lui et est mis au courant de la situation. Vernon Slore est décidé à retrouver sa femme. La police qui recherche elle-aussi Medora ne pourra pas l'en empêcher ni personne d'autre. Et sa quête est sans pitié.

Au fil des pages, la violence éclate. Sourde et meurtrière brisant le silence de ces décors enneigés. Sauf que ce livre prend une autre tournure. La tension y est presque insoutenable. On pressent qu'il va se produire quelque chose mais on est loin d'imaginer ce que William Giraldi nous réserve.
"Les bêtes qui hantent les esprits des hommes damnés", la vengeance et ce qui peut être considéré comme des sorts ou des mythes et qui vont à l'encontre ce que nous croyons nous explosent en pleine figure ! Un roman où la noirceur est contrebalancée  et par l'écriture épurée, par ces paysages sublimes où le calme règne, par l'amour qui surgit en fin de ce roman et qui nous laisse sans voix...
Un roman absolument maîtrisé, implacable et une lecture dont on ne sort pas indemne ! 

  - Il n'y a pas que notre monde qui est sauvage, nous le sommes aussi à l'intérieur, dit-elle. Tout ce qui nous entoure l'est.
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