mardi 10 mars 2015

Guillaume Guéraud - Plus de morts que de vivants

Éditeur : Le Rouergue - Date de parution : Mars 2015 - 252 pages lues d'une traite ! 

Rien ne laissait présager que ce dernier vendredi avant les vacances de février allait devenir une journée effroyable au collège Rosa Parks à Marseille. Bien sûr, les virus de saison avaient fait des malades mais rien de grave ou d'alarmant. Sauf que trois élèves en début de matinée qui présentaient des symptômes comme un saignement de nez meurent dans des conditions atroces.

Et tout se déroule très vite. Guillaume Guéraud excelle à se mettre dans la peau de ces adolescents d'abord incrédules puis paniqués. Car la situation ne va pas en s'améliorant. Les élèves tombent comme des mouches. A midi, on compte trois cents morts parmi les élèves, le personnel du collège, les pompiers et les équipes médicales dépêchées sur place . Et on est plongé dans une abomination de morts et d'agonies horribles. Médecins et pompiers s'affairent. Un périmètre de sécurité est établi autour du collège et interdiction de sortir pour qui que ce soit. Le collège est placé en quarantaine, les parents totalement affolés veulent des informations alors qu'une équipe médicale découvre qu'il s'agit d'un virus inconnu. Outre ce qui se passe au collège, le récit est émaillé par les flashs infos, par les conversations téléphoniques du directeur, des médecins. Ainsi que les ordres du préfet et deux visions de la situation s'entrechoquent.
Guillaume Guéraud nous dépeint avec psychologie qui se passe dans le tête de ces adolescents. Emmurés dans une terreur paralysante ou espérant trouver une solution pour s'en sortir. Sauf que quelques collégiens ont décidé de s'enfuir. Je n'en dis pas plus !

Ames sensibles s'abstenir car cette hécatombe est décrite avec beaucoup de détails. Ca clashe, ça remue, la tension palpable va en crescendo tout au long du roman. Et cerise sur le gâteau, la fin laisse planer un suspense qui fait froid dans le dos...
Un roman lu d'une traite car j'étais ferrée !
Par contre, je pense que ce livre conviendrait à un public plus âgé que 14 ans.

Même les grandes gueules s'effondraient sans un bruit. Grandes ouvertes sur le silence. Telles de simples masques de carnaval. Grimaçants et muets.

Le billet de Moka

Lu de cet auteur : Anka- Baignade surveillée

lundi 9 mars 2015

Claire Fercak - Histoires naturelles de l'oubli

Éditeur : Éditions Gallimard - Date de parution : Janvier 2015 - 186 pages troublantes !

Odradek a subi un traumatisme et souffre d'amnésie. Il redécouvre sa vie d'avant et son travail de soigneur dans un zoo. Ayant repris à mi-temps thérapeutique, ses collègues le trouvent changé. Il se passionne désormais pour les corsacs des petits renards de Mongolie. Il va à la bibliothèque lire et apprendre davantage sur eux. Mais Odradek a la certitude qu'avant son accident il était un de ces animaux. Suzanne, bibliothécaire l'observe, le trouve étrange. Son mari s'est suicidé et la fille de celui-ci veut revenir habiter chez eux comme avant. Mais Suzanne refuse.

Alternant le récit  de Suzanne et d'Odradek, les deux existences se dessinent. Odradek n'accepte pas sa condition d'homme, il veut devenir un corasc et retrouver l'état animal. Suzanne tombe amoureuse de lui alors qu'ils ne se croisent qu'à la bibliothèque. Elle aussi rêve d'une autre vie et au fil des pages, sa propre amnésie est dévoilée. Dure et inimaginable. Tous deux ensemble vont s'oublier à la folie, s'évader dans un autre monde pour fuir le réel. Quand ils sont internés, Claire Fercak inverse les rôles animaux/humains avec les pensées d'Odradek. L'amour inconditionnel de Suzanne est beau, d'une pureté étrange. Ca perturbe, ça déstabilise et ça interpelle sur toute la ligne. Avec une fin ouverte comme une fable où l'on ne sait plus si l'on est dans la réalité ou dans l'imaginaire...

L'écriture de Claire Fercak est vive et précise. Elle sait appuyer là où il faut avec intelligence pour ébranler son lecteur. Vous l'aurez compris, ce livre sort des sentiers battus. Réflexion sur la normalité, sur la dépersonnalisation, sur la fuite la plus extrême, il s'agit d'une lecture très troublante mais une découverte que je ne regrette pas. Une auteure à suivre ! 

La mémoire est une faculté qui oublie.

samedi 7 mars 2015

Holly Goddard Jones - Kentucky Song

Éditeur : Albin Michel- Traduit de l'américain par Hélène Fournier - Date de parution : Février 2015 - 478 pages de plaisir ! 

A Mora dans le Kentucky, une jeune femme disparaît. Sa soeur Susanna professeur au collège est la première à s'en inquiéter. Car il faut dire que Ronnie a la réputation d'être une fêtarde, une ancienne droguée qui aime l'alcool. Susanna prend la décision de contacter  la police contre l'avis de son mari qui n'a jamais aimé sa soeur.

Au fil des chapitres, on découvre une galerie de personnages qui sont tous reliés de près ou de loin à la disparition de Ronnie. Wyatt un ouvrier englué dans sa solitude à qui ses collègues plus jeunes jouent de sales tours et le surnomment bouboule sans qu'il ne se fâche. Emily une adolescente réservée surprotégée pas ses parents qui a du mal à s'intégrer au monde réel. Christopher un autre adolescent d'une classe sociale privilégiée ou encore Tony le policier noir qui était voué à une carrière de sportif.
Ce n'est pas le dénouement de l'intrigue qui importe dans ce roman, c'est comment la disparition de Ronnie va révéler des failles ou des faces insoupçonnées chez les personnages. Car si les habitants de Roma semblent avoir enterré leurs rêves, Ronnie était une femme libre contrairement à eux. Et l'auteure excelle à nous décrire ces vies à l'apparence banale, à creuser la personnalité de chacun. Sans excès mais avec une justesse incroyable.

Un grand plaisir de lecture sur lequel je n'en dis pas trop pour que, vous aussi, vous soyez pris dans les filets d'Holly Goddard Jones ! A noter le travail de traduction qui sait rendre à merveille l'ambiance de ce roman.

Le billet de Cathulu

Lu de cette auteure : Une fille bien
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