Éditeur : Rivages - Traduit de l’anglais par Mathilde Bach- Date de parution : Avril 2016 - 444 pages addictives et pétillantes !
Depuis trois ans, Miriam Delaney trente-cinq vit recluse chez elle " par défaut, son état normal c'est plutôt une sorte de mélancolie bienveillante, une sorte de parfum d'ambiance pour introvertis". Mais elle s’apprête enfin à sortir aidée par son amie Fenella. Si Miriam murmure et a des pensées quelquefois surprenantes en ce qui concerne le monde extérieur et les relations avec autrui, la faute en incombe à sa mère désormais décédée (je n'en dis pas plus).
Ralp est psychothérapeute et marié à Sadie qui se décrit "comme une personne très sociable qui déteste les gens". Cette dernière tient un blog et tweete tout de sa vie à longueur de temps en y incluant des informations sur son son mari. Ce que Ralph apprend par l’une de ses patientes. Et le jour de son anniversaire, découvrir que sa femme flirte avec sa meilleure amie est la goutte d’eau qui fait déborder la vase. Il quitte le foyer conjugal et part dans les bois où il va rencontrer Myriam.
Résolument moderne et sans guimauve, ce livre recèle de réflexions, de situations finement décrites et d’évènements qui révèlent bien des surprises. Sans temps mort, Rachel Elliott nous dépeint des personnages humains en quête du bonheur ou d’eux-mêmes.
C’est relevé, bourré d’humour ( les dialogues sont un régal) et il se dégage de ce livre un concentré d’énergie, de punch et de bienveillance.
Un premier roman pétillant, vivifiant et hautement addictif !
Le billet tentateur de Cathulu
Miriam fête aujourd'hui ses trois ans d'hibernation, cela dit, les chiffres sont parfois trompeurs, et trois ans peuvent en paraître trente. En matière d'hibernation, on compte en années de chiens : trois ans, ça fait un peu près vingt-huit ans, avec quelques variations en fonction de la race mais en l'occurrence, c'est le genre agréable, protectrice, le genre qui tient le monde à distance.
vendredi 8 avril 2016
jeudi 7 avril 2016
Maylis de Kerangal - Un chemin de tables
Éditeur : Seuil ( collection Raconter la vie)- Date de parution : Mars 2016 - 102 pages envoûtantes !
Maylis de Kerangal nous raconte le parcours atypique de Mauro. Titulaire d’un master de sciences économiques, il accumule des expériences dans les cuisines de différents restaurants en tant qu’autodidacte pour finalement passer un CAP. Le Jeune homme talentueux qui aimait préparer des plats à ses amis suit son instinct. Des horaires à rallonge à un savoir-faire acquis, il n’hésite pas à changer d’établissements. Maylis de Kerangal nous décrit à merveille les gestes, la précision, la rigueur, mais aussi les cadences effrénées, la fatigue, la dureté de cuisine qui exige « qu'on lui sacrifie tout, qu'on lui donne sa vie ».
A vingt-quatre ans, Mauro ouvre son propre restaurant. Le succès est au rendez-vous. On le suit sur les marchés à la quête de bons produits, dans sa cuisine minuscule.Mais Mauro a faim d’autres expériences. Il part en Asie, y passe plusieurs mois, revient, accumule encore d’autres expériences. Insatiable, rigoureux et passionné.
Sans jamais perdre son lecteur, avec une écriture qui épouse le vocabulaire spécifique d'un métier ou qui détaille un procédé de cuisson, les gestes techniques, elle nous immerge au plus près de Mauro.
Un livre envoûtant !
"Ce qui se produit durant ces heures compactées, dans cet espace réduit, est toute la fois une improvisation d'une grande intensité, une expérience sensorielle de haute volée et une confrontation avec la matière - matière organique, vivante, ultra réactive."
Le billet de Cathulu
Lu de cet auteur : Corniche Kennedy - Naissance d'un pont - Réparer les vivants
Maylis de Kerangal nous raconte le parcours atypique de Mauro. Titulaire d’un master de sciences économiques, il accumule des expériences dans les cuisines de différents restaurants en tant qu’autodidacte pour finalement passer un CAP. Le Jeune homme talentueux qui aimait préparer des plats à ses amis suit son instinct. Des horaires à rallonge à un savoir-faire acquis, il n’hésite pas à changer d’établissements. Maylis de Kerangal nous décrit à merveille les gestes, la précision, la rigueur, mais aussi les cadences effrénées, la fatigue, la dureté de cuisine qui exige « qu'on lui sacrifie tout, qu'on lui donne sa vie ».
A vingt-quatre ans, Mauro ouvre son propre restaurant. Le succès est au rendez-vous. On le suit sur les marchés à la quête de bons produits, dans sa cuisine minuscule.Mais Mauro a faim d’autres expériences. Il part en Asie, y passe plusieurs mois, revient, accumule encore d’autres expériences. Insatiable, rigoureux et passionné.
Sans jamais perdre son lecteur, avec une écriture qui épouse le vocabulaire spécifique d'un métier ou qui détaille un procédé de cuisson, les gestes techniques, elle nous immerge au plus près de Mauro.
Un livre envoûtant !
"Ce qui se produit durant ces heures compactées, dans cet espace réduit, est toute la fois une improvisation d'une grande intensité, une expérience sensorielle de haute volée et une confrontation avec la matière - matière organique, vivante, ultra réactive."
Le billet de Cathulu
Lu de cet auteur : Corniche Kennedy - Naissance d'un pont - Réparer les vivants
mercredi 6 avril 2016
Emilie de Turckheim - Popcorn Melody
Éditeur : Héloïse d'Ormesson - Date de parution : Août 2015 - 204 pages au charme fou !
Shellawick un trou paumé du Midwest avec ses cailloux, son soleil de plomb, ses mouches, sa poussière et ses quelques habitants. Parmi eux, Tom Elliott la trentaine qui tient une supérette au doux nom le Bonheur. Il n’y vend que l’essentiel c’est-à-dire pas grand-chose « J'ai décidé de changer mes habitudes et de limiter mon carnet de commandes à la trilogie de bonheur : manger à sa fin, se laver et tuer les mouches. Au-dessus de ma porte, j'ai décloué le panneau SUPERMARCHE, je l'ai retourné et j'ai peint LE BONHEUR en lettres rouges. » Pas très loin, l’usine de popcorn emploie de nombreuses personnes et sur les paquets de popcorn, on retrouve la frimousse de Tom enfant mais hors de question pour lui d’en vendre. Ses quelques clients y viennent principalement pour s’installer dans le fauteuil de barbier et parler. Tom écrit un haïku dans les pages jaunes dès qu’un client franchit sa porte. Mais quand un hypermarché tout neuf (et climatisé) est construit juste en fac de la supérette de Tom, ses habitués désertent le Bonheur.
« La moitié des habitants vit – survit serait plus exact – de l’usine de popcorn Buffalo Rocks, magnat industriel qui domine toute la région. Tout le monde en périt aussi». Et l’hypermarché appartient au dirigeant de l’usine. Tom ne veut pas mettre la clé sous la porte. Il décide d’aller voir par lui-même ce temple de la consommation.
La première chose qui attire l’œil dans ce roman est l’écriture : unique, savoureuse et originale avec des expressions comme « vendre les fleurs» pour perdre la raison (c’est ce qui arrive à Matt l’ancien instituteur de Tom).
Avec une galerie de personnages hauts en couleur ( la fille adoptive de Matt s’appelle Emily Dickinson) souvent décalés, ce roman est bien plus qu’une jolie fable sur la société de consommation. Emilie de Turckheim nous parle des Indiens des Plaines, de la différence, de philosophie de vie, d'humanité, de poésie, d’écriture et de lecture.
Il s’agit d’un univers à part avec un grain de folie douce. C’est entraînant sur toute la ligne avec un charme fou!
En écoutant mes clients, j'ai appris que les autobiographies étaient des tissus de mensonges sincères, qui variaient au gré des années et des ressentiments.
Emily était comme ces comédiennes de cinéma qui ont un rôle aussi court qu'une étoile filante et qui concentrent dans cet instant toute la lumière qui ne s'est jamais posée sur elle.
Une lecture repérée chez Cuné, de nombreux billets sur Babelio.
Shellawick un trou paumé du Midwest avec ses cailloux, son soleil de plomb, ses mouches, sa poussière et ses quelques habitants. Parmi eux, Tom Elliott la trentaine qui tient une supérette au doux nom le Bonheur. Il n’y vend que l’essentiel c’est-à-dire pas grand-chose « J'ai décidé de changer mes habitudes et de limiter mon carnet de commandes à la trilogie de bonheur : manger à sa fin, se laver et tuer les mouches. Au-dessus de ma porte, j'ai décloué le panneau SUPERMARCHE, je l'ai retourné et j'ai peint LE BONHEUR en lettres rouges. » Pas très loin, l’usine de popcorn emploie de nombreuses personnes et sur les paquets de popcorn, on retrouve la frimousse de Tom enfant mais hors de question pour lui d’en vendre. Ses quelques clients y viennent principalement pour s’installer dans le fauteuil de barbier et parler. Tom écrit un haïku dans les pages jaunes dès qu’un client franchit sa porte. Mais quand un hypermarché tout neuf (et climatisé) est construit juste en fac de la supérette de Tom, ses habitués désertent le Bonheur.
« La moitié des habitants vit – survit serait plus exact – de l’usine de popcorn Buffalo Rocks, magnat industriel qui domine toute la région. Tout le monde en périt aussi». Et l’hypermarché appartient au dirigeant de l’usine. Tom ne veut pas mettre la clé sous la porte. Il décide d’aller voir par lui-même ce temple de la consommation.
La première chose qui attire l’œil dans ce roman est l’écriture : unique, savoureuse et originale avec des expressions comme « vendre les fleurs» pour perdre la raison (c’est ce qui arrive à Matt l’ancien instituteur de Tom).
Avec une galerie de personnages hauts en couleur ( la fille adoptive de Matt s’appelle Emily Dickinson) souvent décalés, ce roman est bien plus qu’une jolie fable sur la société de consommation. Emilie de Turckheim nous parle des Indiens des Plaines, de la différence, de philosophie de vie, d'humanité, de poésie, d’écriture et de lecture.
Il s’agit d’un univers à part avec un grain de folie douce. C’est entraînant sur toute la ligne avec un charme fou!
En écoutant mes clients, j'ai appris que les autobiographies étaient des tissus de mensonges sincères, qui variaient au gré des années et des ressentiments.
Emily était comme ces comédiennes de cinéma qui ont un rôle aussi court qu'une étoile filante et qui concentrent dans cet instant toute la lumière qui ne s'est jamais posée sur elle.
Une lecture repérée chez Cuné, de nombreux billets sur Babelio.
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