Éditeur: Actes Sud - Date de parution : Mars 2016 - 176 pages et un premier roman à découvrir !
"C'est toujours un mystère, la vie des autres" et peut-être encore plus dans un wagon de RER.
Un soir de février, ils sont plusieurs à monter dans ce wagon à Paris direction la banlieue. Encore un ou deux arrêts et ils sont sept.
Ils ne se connaissent pas, vont s'asseoir le temps du trajet face à face ou côte à côte. Chacun peut laisser son imaginaire "construire" l'autre d'après son apparence ou son visage ( "le fauteuil rend spectateur") . Certains se prêtent à ce jeu, Marie dans son manteau rouge essoufflée après avoir couru pour ne pas rater le RER et s'endort.
Regarder à travers la vitre et c'est paysage triste et gris mais quelquefois ce dernier fait place aux pensées intérieures : à la journée qui vient de de se passer ou à ce qui les attend ensuite. Personne ne se parle, juste des regards à la dérobée et chacun est perdu ou plutôt plongé dans ses propres pensées. Ils sont ensemble dans ce wagon mais seuls.
Le temps du trajet, Anne Collongues compose leurs vies et on les découvre petit à petit via leurs pensées intérieures.
Marie, Laura, Alain, Cigarette, Chérif, Liad, Franck tous ont un passé bien attendu. Et des attentes mais aussi des désillusions, des regrets et pour certains des espoirs. Durant ce transport et de façon introspective, certains prendront des décisions avec des impacts sur le futur, d'autres regarderont leur vies telles qu'elles sont et y introduiront le "et si".
Des voyageurs anonymes comme tant d'autres avec tout ce qui les séparent et la solitude malgré la présence des autres.
Avec finesse, Anne Collongues les rend uniques avec pudeur et bienveillance et on s'attache à chacun d'eux. Et quand le RER arrive à destination, on n'a qu'un seul regret celui de les quitter.
Un premier roman à la mélancolie douce (sans être pesante ou gluante) où l'on se retrouve par ricochets dans ces vies. Car ce qui nous sépare est ce qui nous unit tous autant que nous sommes.
" Des déceptions, il y en a toujours, personne ne vit sans espoir même inconscient"
Les billets de Charlotte, Nicole G., Saxaoul
vendredi 6 mai 2016
mercredi 4 mai 2016
Marie-Sabine Roger - Dans les prairies étoilées
Editeur : Le Rouergue - Date de parution : Mai 2016 - 302 pages et un livre-hérisson !
Heureux en amour depuis quinze ans, Merlin et Prune un couple de quinquagénaires cèdent au charme d’une maison en campagne avec quelques travaux à faire. Merlin est auteur à succès d’une série BD Wild Oregon (« C’est une utopie maussade, ou une dystopie joyeuse , selon que l’on voit le verre à moitié vide ou plein ( « half full or half empty », pour mes dix lecteurs anglophones). Un univers totalement déjanté, entre le western traditionnel et la fantasy la plus pure, dans lequel mon justicier, Jim Oregon, poursuit inlassablement les méchants de tous bords, dans des histoires au cours desquelles le burlesque se mêle au polar noir, sur fonds de science-fiction un poil écologique ») . Il est également aquarelliste pour La Grande encyclopédie des Oiseaux d’Europe et du fait un peu spécialiste de ces animaux.
Tout va pour le mieux mais Laurent le grand ami de Merlin décède. Une amitié vieille de vingt ans qui lui a permis de rencontrer Prune et surtout Merlin s’est inspiré de Laurent pour son personnage principal de sa BD Jim Oregon. « Je venais de perdre à la fois mon ami le plus proche, le principal héros de mon univers, et mon fan de toujours. Le deuil pèserait lourd. Et je ne l’acceptais pas ».
Comment poursuivre Wild Oregon alors que Laurent n’est plus là ? Et quand Merlin découvre les deux dernières volontés de Laurent tout se complique sérieusement pour lui. Via son crayon, ll faudrait lui faire rencontrer le grand amour et ne pas le gâcher ( comme il a pu le faire durant son vivant) puis que Jim tire sa révérence. Ce qui reviendrait à terminer sa BD. Tiraillé, Merlin est perdu entre rendre ses lecteurs orphelins et l'envie de poursuivre les aventures de Jim.
Avec ce nouveau roman, Marie-Sabine Roger nous entraîne dans le monde de la BD, celui de l’artiste et de la création "Les artistes sont poreux, ils n'ont pas de limite, leur imagination déborde sans arrêt. Leur univers transpire, puis se matérialise, devient réalité, se met à exister d'une existence propre. Il leur survit parfois. Parfois même, longtemps".
Et elle a écrit un double roman : celui de la réalité de Merlin et celui du monde où il évolue avec ses personnages papiers qui prennent vie comme par magie. Et c'est diablement réussi !
Une fois de plus Marie-Sabine Roger fait mouche sur toute la ligne avec sa bienveillance, son humanité , son humour et sa sensibilité avec des personnages comme l’oncle Albert et ses quatre-vingt-quatorze printemps ("Pour bien comprendre l’oncle Albert, il faut savoir parler Pléiade couramment"), la délicate et fantaisiste Prune, Lolie et Genaro qui sont "des intégristes de la démocratie".
Une lecture d'une seule traite entre émotions et sourires où j'ai eu le cœur serré par les très justes réflexions sur l'auteur et par les passages criants de vérité sur les ressentis du lecteur mais également ceux sur l'amitié. A ne pas rater !
Nous poursuivons aussi nos existences entre vides et manques, jetant des ponts fragiles entre tous nos abymes, avançant à l'aveugle vers les jours à venir. On peut croire que le temps passe. Mais c'est nous qui passons, pour ne plus revenir.
Quand on s’aime, se taire est une connivence.
Ce sont les femmes qui nous façonnent. Toutes les femmes. Toutes. Je ne te parle pas seulement de nos mères.
Les lecteurs... mettez une apostrophe, on entend l"électeur". Ce n'est pas un simple jeu de langue, une pirouette. On est lu parce qu'on est élu. C'est le lecteur qui fait l'auteur. Et pas l'inverse. Mes lecteurs ont des droits. Je ne m'appartiens plus en exclusivité, depuis que je suis rangé dans leur bibliothèque. Je suis devenu leur auteur. Je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, ou si peu, mais eux, ils me connaissent. (...) Que vont-ils penser de moi, si j'arrête la série, j'ai une responsabilité envers eux. Ils ont adopté Jim, et par fidélité, ils s'obligent à le suivre. Je ne sais plus si je m'appartiens, si je peux les laisser tomber.
Il y a les hommes d’un seul amour, je suis l’auteur d’un seul héros.
Dans une bonne BD fidèle aux lois du genre, il faut une morale qui fasse rêver les gens. Le brave est éternel. La vérité triomphe. Les truands sont châtiés, les traites confondus, les voleurs démasqués, les criminels punis. Tout l'inverse de la vraie vie.
Je la connais, cette angoisse du lecteur, lorsque le point final approche. Cette tristesse, ce refus lorsqu'il ne reste plus que quelques pages, à peine. Lorsqu'on sait qu'on saura, bientôt. Plus de suspense, plus de surprises, ni aucune raison d'espérer autre chose. La pièce jouée jusqu'au tout dernier mot de la dernière rime. La frustration ultime, si la fin de nous convient pas. Et cette sensation tellement particulière, ce doux plaisir mélancolique à refermer le livre si, par bonheur, on l'a aimé.
Sur ce blog, d'autres livres de Marie-Sabine Roger : Bon rétablissement - Et tu te soumettras à la loi de ton père - Il ne fait jamais noir en ville -La tête en friche - Le ciel est immense - Le quatrième soupirail - Les encombrants - Trente-six chandelles- Un simple viol -Vivement l'avenir
Heureux en amour depuis quinze ans, Merlin et Prune un couple de quinquagénaires cèdent au charme d’une maison en campagne avec quelques travaux à faire. Merlin est auteur à succès d’une série BD Wild Oregon (« C’est une utopie maussade, ou une dystopie joyeuse , selon que l’on voit le verre à moitié vide ou plein ( « half full or half empty », pour mes dix lecteurs anglophones). Un univers totalement déjanté, entre le western traditionnel et la fantasy la plus pure, dans lequel mon justicier, Jim Oregon, poursuit inlassablement les méchants de tous bords, dans des histoires au cours desquelles le burlesque se mêle au polar noir, sur fonds de science-fiction un poil écologique ») . Il est également aquarelliste pour La Grande encyclopédie des Oiseaux d’Europe et du fait un peu spécialiste de ces animaux.
Tout va pour le mieux mais Laurent le grand ami de Merlin décède. Une amitié vieille de vingt ans qui lui a permis de rencontrer Prune et surtout Merlin s’est inspiré de Laurent pour son personnage principal de sa BD Jim Oregon. « Je venais de perdre à la fois mon ami le plus proche, le principal héros de mon univers, et mon fan de toujours. Le deuil pèserait lourd. Et je ne l’acceptais pas ».
Comment poursuivre Wild Oregon alors que Laurent n’est plus là ? Et quand Merlin découvre les deux dernières volontés de Laurent tout se complique sérieusement pour lui. Via son crayon, ll faudrait lui faire rencontrer le grand amour et ne pas le gâcher ( comme il a pu le faire durant son vivant) puis que Jim tire sa révérence. Ce qui reviendrait à terminer sa BD. Tiraillé, Merlin est perdu entre rendre ses lecteurs orphelins et l'envie de poursuivre les aventures de Jim.
Avec ce nouveau roman, Marie-Sabine Roger nous entraîne dans le monde de la BD, celui de l’artiste et de la création "Les artistes sont poreux, ils n'ont pas de limite, leur imagination déborde sans arrêt. Leur univers transpire, puis se matérialise, devient réalité, se met à exister d'une existence propre. Il leur survit parfois. Parfois même, longtemps".
Et elle a écrit un double roman : celui de la réalité de Merlin et celui du monde où il évolue avec ses personnages papiers qui prennent vie comme par magie. Et c'est diablement réussi !
Une fois de plus Marie-Sabine Roger fait mouche sur toute la ligne avec sa bienveillance, son humanité , son humour et sa sensibilité avec des personnages comme l’oncle Albert et ses quatre-vingt-quatorze printemps ("Pour bien comprendre l’oncle Albert, il faut savoir parler Pléiade couramment"), la délicate et fantaisiste Prune, Lolie et Genaro qui sont "des intégristes de la démocratie".
Une lecture d'une seule traite entre émotions et sourires où j'ai eu le cœur serré par les très justes réflexions sur l'auteur et par les passages criants de vérité sur les ressentis du lecteur mais également ceux sur l'amitié. A ne pas rater !
Nous poursuivons aussi nos existences entre vides et manques, jetant des ponts fragiles entre tous nos abymes, avançant à l'aveugle vers les jours à venir. On peut croire que le temps passe. Mais c'est nous qui passons, pour ne plus revenir.
Quand on s’aime, se taire est une connivence.
Ce sont les femmes qui nous façonnent. Toutes les femmes. Toutes. Je ne te parle pas seulement de nos mères.
Les lecteurs... mettez une apostrophe, on entend l"électeur". Ce n'est pas un simple jeu de langue, une pirouette. On est lu parce qu'on est élu. C'est le lecteur qui fait l'auteur. Et pas l'inverse. Mes lecteurs ont des droits. Je ne m'appartiens plus en exclusivité, depuis que je suis rangé dans leur bibliothèque. Je suis devenu leur auteur. Je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, ou si peu, mais eux, ils me connaissent. (...) Que vont-ils penser de moi, si j'arrête la série, j'ai une responsabilité envers eux. Ils ont adopté Jim, et par fidélité, ils s'obligent à le suivre. Je ne sais plus si je m'appartiens, si je peux les laisser tomber.
Il y a les hommes d’un seul amour, je suis l’auteur d’un seul héros.
Dans une bonne BD fidèle aux lois du genre, il faut une morale qui fasse rêver les gens. Le brave est éternel. La vérité triomphe. Les truands sont châtiés, les traites confondus, les voleurs démasqués, les criminels punis. Tout l'inverse de la vraie vie.
Je la connais, cette angoisse du lecteur, lorsque le point final approche. Cette tristesse, ce refus lorsqu'il ne reste plus que quelques pages, à peine. Lorsqu'on sait qu'on saura, bientôt. Plus de suspense, plus de surprises, ni aucune raison d'espérer autre chose. La pièce jouée jusqu'au tout dernier mot de la dernière rime. La frustration ultime, si la fin de nous convient pas. Et cette sensation tellement particulière, ce doux plaisir mélancolique à refermer le livre si, par bonheur, on l'a aimé.
Sur ce blog, d'autres livres de Marie-Sabine Roger : Bon rétablissement - Et tu te soumettras à la loi de ton père - Il ne fait jamais noir en ville -La tête en friche - Le ciel est immense - Le quatrième soupirail - Les encombrants - Trente-six chandelles- Un simple viol -Vivement l'avenir
lundi 2 mai 2016
Alessandro Baricco - La Jeune Epouse
Éditeur : Gallimard - Traduit de l'italien par Vincent Raynaud - 223 pages sans alchimie (hélas).
Alors que tout le monde avait oublié sa venue, la fiancée du Fils de la Famille arrive d'Argentine à ses dix-huit ans alors que ce dernier est absent. Le Père a jugé bon en effet qu'il voyage et prenne part aux affaires de la Famille. En attendant son retour, elle est priée de s'installer car elle est après tout la future Epouse du Fils. Dans cette famille où toute notion d'objectivité semble ne pas exister, Père, Mère et Fille et l'Oncle se lèvent tard, prennent des petits déjeuners où l'abondance est de mise et qui s'étirent jusque dans l'après-midi. Souvent d'autres personnes sont invitées et discutent avec eux de sujets divers. Personne ne se presse jamais puis chacun se retire dans ses appartements pour sa toilette et s'occupe de quelques activités jusqu'à l'heure du coucher vécue avec la crainte de ne pas se réveiller le lendemain. La Jeune épouse découvre sa future famille : l'Oncle atteint de narcolepsie, le Père souffrant d'une « inexactitude au cœur " qui pourrait lui être fatal. Il est formellement interdit de lire et les livres sont bannis ("tout est déjà dans la vie, si l'on prend la peine de l'écouter, et les livres nous distraient inutilement de cette tâche, à laquelle tous se consacrent avec une sollicitude telle, dans cette maison, qu'un homme plongé dans la lecture ne manquerait d'apparaître en ces lieux comme un déserteur"), c’est ce qu’apprend la jeune fille par le fidèle Modesto dévoué à la famille. Le temps passe et quand elle pose la question de savoir quand le Fils reviendra, des objets aussi insolites que variés commencent à arriver d’Angleterre signe de son retour sous peu selon la Famille.
Avec une écriture (et une traduction) superbe, Alessandro Baricco nous immerge dans cette famille d'aristocrates comme suspendue hors du temps. Au départ, il est au difficile de savoir quand se déroule cette histoire, seule la date de naissance de la Mère donnée nous permet de la situer au XXe siècle. La Fille initie la Jeune Epouse à se donner du plaisir tout seule puis la Mère dont la beauté est saisissante à l'art de se faire désirer. Le Père la conduira par la suite avec lui dans un bordel où elle apprendra l'histoire de la Famille.
Un roman où l'érotisme se déploie à chaque page avec grâce, sensualité et élégance. Mais Alessandro Baricco ne s’en tient pas là, il s’immisce dans le récit et introduit des réflexions sur le rôle de l’écrivain (tout en modifiant la narration et le changement d’époque).
Malgré toute le talent et l'écriture d’Alexandro Baricco qui m’avait fait pleurer de bonheur à la lecture de Mr Gwyn, cette alchimie ne s’est pas produite avec ce roman (dont la fin m’a laissée dubitative).
Les billets et avis divers de Jérôme, Marie, Nicole, Noukette.
Lu également de cet auteur : Soie
Alors que tout le monde avait oublié sa venue, la fiancée du Fils de la Famille arrive d'Argentine à ses dix-huit ans alors que ce dernier est absent. Le Père a jugé bon en effet qu'il voyage et prenne part aux affaires de la Famille. En attendant son retour, elle est priée de s'installer car elle est après tout la future Epouse du Fils. Dans cette famille où toute notion d'objectivité semble ne pas exister, Père, Mère et Fille et l'Oncle se lèvent tard, prennent des petits déjeuners où l'abondance est de mise et qui s'étirent jusque dans l'après-midi. Souvent d'autres personnes sont invitées et discutent avec eux de sujets divers. Personne ne se presse jamais puis chacun se retire dans ses appartements pour sa toilette et s'occupe de quelques activités jusqu'à l'heure du coucher vécue avec la crainte de ne pas se réveiller le lendemain. La Jeune épouse découvre sa future famille : l'Oncle atteint de narcolepsie, le Père souffrant d'une « inexactitude au cœur " qui pourrait lui être fatal. Il est formellement interdit de lire et les livres sont bannis ("tout est déjà dans la vie, si l'on prend la peine de l'écouter, et les livres nous distraient inutilement de cette tâche, à laquelle tous se consacrent avec une sollicitude telle, dans cette maison, qu'un homme plongé dans la lecture ne manquerait d'apparaître en ces lieux comme un déserteur"), c’est ce qu’apprend la jeune fille par le fidèle Modesto dévoué à la famille. Le temps passe et quand elle pose la question de savoir quand le Fils reviendra, des objets aussi insolites que variés commencent à arriver d’Angleterre signe de son retour sous peu selon la Famille.
Avec une écriture (et une traduction) superbe, Alessandro Baricco nous immerge dans cette famille d'aristocrates comme suspendue hors du temps. Au départ, il est au difficile de savoir quand se déroule cette histoire, seule la date de naissance de la Mère donnée nous permet de la situer au XXe siècle. La Fille initie la Jeune Epouse à se donner du plaisir tout seule puis la Mère dont la beauté est saisissante à l'art de se faire désirer. Le Père la conduira par la suite avec lui dans un bordel où elle apprendra l'histoire de la Famille.
Un roman où l'érotisme se déploie à chaque page avec grâce, sensualité et élégance. Mais Alessandro Baricco ne s’en tient pas là, il s’immisce dans le récit et introduit des réflexions sur le rôle de l’écrivain (tout en modifiant la narration et le changement d’époque).
Malgré toute le talent et l'écriture d’Alexandro Baricco qui m’avait fait pleurer de bonheur à la lecture de Mr Gwyn, cette alchimie ne s’est pas produite avec ce roman (dont la fin m’a laissée dubitative).
Les billets et avis divers de Jérôme, Marie, Nicole, Noukette.
Lu également de cet auteur : Soie
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