Editeur : Editions de l'Olivier - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis - Date de parution : Mai 2016 - 744 pages qu'on ne voit pas défiler.
Elevée par une mère hippie et ultra-possessive, avec un prêt bancaire non négligeable (130 000 dollars) à rembourser pour ses études, Purity Tyler appelée communément Pip travaille dans un call center. Assez solitaire, elle loge dans une espèce de squat. Pip ne connaît pas l’identité de son père et sur ce point sa mère ne veut rien lui dire sous prétexte de la protéger. Pourtant, il pourrait peut-être l’aider financièrement. Au squat, elle rencontre Annagret en charge de recruter des stagiaires pour la société Sunlight Project (une sorte de WikiLeaks) basée en Bolivie dirigée par le charismatique et puissant Andraas Wolf. Connu, détesté ou admiré, il ne laisse personne indifférent car il divulgue sur Internet des informations cachées à la manière de pavés dans la mare grâce à des hackers. Même si elle manque de confiance en elle, Pip décroche un stage rémunéré chez Sunlight Project. Et elle se dit que peut-être qu’Andreas Wolf lui rendra service et retrouvera son père.
Puis, Jonthan Franzen nous fait remonter le temps et nous immerge dans la RDA où Andreas Wolf a vécu avant de venir s’installer en Amérique. Si désormais il veut que tout soit transparent, l’ère de la vérité, il a un secret bien embarrassant.
On retrouve ensuite Pip à Denver où elle travaille pour le journaliste d’investigation Tom Aberant. Il est en couple (d’une certaine façon) avec Leila, journaliste également et tous deux traversent une crise (ils sont doués dans l’art de l’auto-culpabilisation).
A la manière d’un puzzle qui se met en place, on découvre les relations qui existent entre eux tous. Les mensonges, la manipulation, le rôle des mères dans l’éducation des enfants, la corruption, Internet, l'information et bien d’autres thèmes thèmes alimentent ce roman foisonnant, dense et sans temps mort. Pip est attachante, elle a du caractère et réagit souvent au quart de tour. De l'humour, de la dérision également et on ne voit pas les pages défiler car la construction est diablement efficace. Un roman qui a tout bon ? Presque car quelques pages (en trop) auraient pu être évitées sur des histoires secondaires.
J'ai été ferrée sur toute la ligne par ce roman efficace et intelligent !
Le père d'Andreas était le deuxième plus jeune membre du Parti jamais nommé au comité central, et l'exercer la fonction la plus créative de la République. En tant que premier économiste de l'État, il avait pour mission de manipuler les chiffres avec systématisme, de démontrer des augmentation de productivité là où il n'y en avait pas, d'équilibrer un budget qui chaque année s'éloignait un peu plus de la réalité, d'ajuster les taux de change officiel pour maximiser l'impact budgétaire de telle ou telle devise forte que la République parvenait à carotter ou à extorquer, de gonfler les quelques succès de l'économie et de trouver des excuses optimistes à ses nombreux échecs. Les hauts dirigeants du Parti pouvaient faire semblant de ne rien comprendre à ses chiffres ou les considérer avec cynisme, tandis que lui-même devait croire à l'histoire qu'ils racontaient. Cela demandait de la conviction politique, de l'autopersuasion, voire, et c'était peut-être le principal, de l'auto-apitoiement.
Andreas avait le don - peut-être le plus grand qu’il possédait - de découvrir des niches dans les régimes totalitaires. La Stasi avait été le meilleur ami qu’il ait jamais eu - jusqu’à ce qu’il rencontre Internet.
Les lanceurs d'alerte ne font que balancer des informations. Il faut un journaliste pour vérifier, condenser et contextualiser ces informations. Nous n'avons peut-être pas toujours les meilleurs intentions du monde, mais au moins, nous nous investissons un peu dans la civilisation. Nous sommes des adultes qui nous efforçons de communiquer avec d'autres adultes. Les lanceurs d'alerte ressemblent plus à des sauvages. (..) Filtrer n'est pas tromper : c'est être civilisé.
Le billet de Gwénaëlle (qui l'a lu en VO)
Lu de cet auteur : Freedom
vendredi 13 mai 2016
jeudi 12 mai 2016
Emmanuel Régniez - Notre Château
Editeur : Le Tripode - Date de parution : Janvier 2016 - 141 pages
Octave et Véra vivent reclus dans leur maison familiale depuis le décès de leurs parents. Depuis 20 ans, ils mènent cette vie à l’écart du monde « nous ne fréquentons personne, ne parlons à personne et vivons tous les deux, rien que tous les deux dans Notre Château ». Ils dorment ensemble, Octave le narrateur parle d’eux comme un couple. Et puis il y a les souvenirs des parents aimants, des souvenirs heureux.
Tous les jeudis, Octave se rend chez le libraire car le frère et la sœur sont des lecteurs insatiables. Mais ce jeudi à 31 mars à 14h32, il voit Véra « dans le bus n°39 qui va de la Gare à la Cité des 3 Fontaines, en passant par l’Hôtel de ville ». Or Vera ne prend jamais le bus et ne va jamais en ville. Elle lui dit que non, elle n’était pas dans ce bus et lui répond qu’il se trompe. D’ailleurs ce n’est pas ce bus qui dessert la Cité des 3 Fontaines là où ils habitaient avant. Il y a bien longtemps avec leurs parents et avant l’accident mortel.
Et à partir de ce jeudi 31 mars tout se dérègle avec d’autres incidents comme une cigarette trouvée allumée dans un cendrier alors qu’aucun des deux ne fume.
L’auteur crée une atmosphère dérangeante et magnétique. Mais très, très vite les répétitions qui servent à créer cette ambiance m’ont lassée tout comme l’histoire (même si j'ai deviné le fin mot de l’histoire, des questions restent sans réponse). De plus, je n’ai pas spécialement adhéré à l'écriture de l’auteur malgré un beau passage concernant le rapport aux livres.
Après avoir lu un avis élogieux sur ce livre puis un autre, je suis d’autant plus frustrée d’être passée à côté de cette lecture qui visiblement n’était pour moi. Dommage.
Les avis de Charlotte, Framboise, Nicole
Octave et Véra vivent reclus dans leur maison familiale depuis le décès de leurs parents. Depuis 20 ans, ils mènent cette vie à l’écart du monde « nous ne fréquentons personne, ne parlons à personne et vivons tous les deux, rien que tous les deux dans Notre Château ». Ils dorment ensemble, Octave le narrateur parle d’eux comme un couple. Et puis il y a les souvenirs des parents aimants, des souvenirs heureux.
Tous les jeudis, Octave se rend chez le libraire car le frère et la sœur sont des lecteurs insatiables. Mais ce jeudi à 31 mars à 14h32, il voit Véra « dans le bus n°39 qui va de la Gare à la Cité des 3 Fontaines, en passant par l’Hôtel de ville ». Or Vera ne prend jamais le bus et ne va jamais en ville. Elle lui dit que non, elle n’était pas dans ce bus et lui répond qu’il se trompe. D’ailleurs ce n’est pas ce bus qui dessert la Cité des 3 Fontaines là où ils habitaient avant. Il y a bien longtemps avec leurs parents et avant l’accident mortel.
Et à partir de ce jeudi 31 mars tout se dérègle avec d’autres incidents comme une cigarette trouvée allumée dans un cendrier alors qu’aucun des deux ne fume.
L’auteur crée une atmosphère dérangeante et magnétique. Mais très, très vite les répétitions qui servent à créer cette ambiance m’ont lassée tout comme l’histoire (même si j'ai deviné le fin mot de l’histoire, des questions restent sans réponse). De plus, je n’ai pas spécialement adhéré à l'écriture de l’auteur malgré un beau passage concernant le rapport aux livres.
Après avoir lu un avis élogieux sur ce livre puis un autre, je suis d’autant plus frustrée d’être passée à côté de cette lecture qui visiblement n’était pour moi. Dommage.
Les avis de Charlotte, Framboise, Nicole
mardi 10 mai 2016
Laura Barnett - Quoi qu'il arrive
Editeur : Les escales - Traduit de l'anglais par Stéphane Roque- Date de parution : Avril 2016 - 457 pages et une jolie réussite !
1958, Eva dix-neuf ans et étudiante de Cambridge a un petit ami David dont le nom commence à circuler dans le monde du théâtre. Alors qu’elle rend à vélo en cours, elle est obligée de s’arrêter. Jim étudiant en droit mais passionné de peinture vient l’aider. A partir de ce moment là, Laura Barnett nous offre trois versions possibles de l’histoire de la vie d’Eva (d’ailleurs, est-ce un clou rouillé ou alors un chien qui ont obligé Eva à s’arrêter). La suite du récit alterne sur les années qui vont suivre jusqu’en 2014 les différentes versions où chaque choix, chaque décision aura des conséquences dans sa vie de couple et dans son travail. Et certains événements se produiront forcément dans chacune des trois versions.
Un livre où l’art, la création artistique et la place des femmes ont la part belle car Eva a l'ambition d'écrire. Ce premier roman à la construction originale est parfaitement maîtrisé.
Une lecture qui nous interroge sur nos choix et leurs conséquences avec comme de ne pas regarder en arrière les occasions manquées.
Pour un premier roman, avec des personnages profondément humains et creusés, Laura Barnett fait preuve d’audace et j’aime ça ! Une jolie réussite !
Cathulu et l'Irrégulière ont également aimé , Sylire est moins enthousiaste.
1958, Eva dix-neuf ans et étudiante de Cambridge a un petit ami David dont le nom commence à circuler dans le monde du théâtre. Alors qu’elle rend à vélo en cours, elle est obligée de s’arrêter. Jim étudiant en droit mais passionné de peinture vient l’aider. A partir de ce moment là, Laura Barnett nous offre trois versions possibles de l’histoire de la vie d’Eva (d’ailleurs, est-ce un clou rouillé ou alors un chien qui ont obligé Eva à s’arrêter). La suite du récit alterne sur les années qui vont suivre jusqu’en 2014 les différentes versions où chaque choix, chaque décision aura des conséquences dans sa vie de couple et dans son travail. Et certains événements se produiront forcément dans chacune des trois versions.
Un livre où l’art, la création artistique et la place des femmes ont la part belle car Eva a l'ambition d'écrire. Ce premier roman à la construction originale est parfaitement maîtrisé.
Une lecture qui nous interroge sur nos choix et leurs conséquences avec comme de ne pas regarder en arrière les occasions manquées.
Pour un premier roman, avec des personnages profondément humains et creusés, Laura Barnett fait preuve d’audace et j’aime ça ! Une jolie réussite !
Cathulu et l'Irrégulière ont également aimé , Sylire est moins enthousiaste.
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